
Les usines de Humberstone et Santa Laura représentent plus de 200 anciens sites d’extraction du salpêtre, où des ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, vécurent dans des cités minières et forgèrent une culture pampina commune. Cette culture se manifeste dans la richesse de la langue, la créativité et les liens de solidarité, et surtout dans les luttes pionnières menées par les pampinos pour la justice sociale, luttes dont l’impact fut profond sur l’histoire sociale. Installés dans la Pampa désertique et reculée, l’un des déserts les plus arides du globe, des milliers de pampinos ont vécu et travaillé, à partir de 1880 et pendant plus de soixante ans, dans un environnement hostile pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que celui de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. A cause de la vulnérabilité des structures et de l’impact d’un tremblement de terre récent, le site a également été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin de faciliter la mobilisation de ressources en faveur de sa conservation.
Celui qui arrive à Santa Laura sans avoir pris de renseignements pourrait tout à fait se justifier d’un air circonspect. Un plateau à 1000 mètres d’altitude, du sable et de la roche, aucune trace de vie, et là, comme un vaisseau fantôme abandonné, les vestiges d’un centre industriel centenaire, rongé par la rouille, érodé par les vents et qui malgré son allure imposante semble bien fragile et à la merci des éléments et du temps.
Livres:
Les Fleurs Noires de Santa Maria (Hernán Rivera Letelier, Ed. Metailie)
Chili, sur les traces des mineurs de nitrate
Atacama : Un essai sur la guerre du pacifique (1879-1883)
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