
Le campement de Sewell est le reflet de l’essor de la production de cuivre rendue possible au début du XXe siècle par les nouvelles technologies de fonderie et par l’investissement considérable de capitaux américains. Cette ville, car ce fut une véritable ville (elle s’étendait sur 175 km2 et 15.000 personnes y vivaient en 1968), est construite sur les pentes abruptes de la montagne autour d’un grand escalier qui part de la gare ferroviaire. La circulation à l’intérieur de la ville est essentiellement piétonnière. Les édifices sont en bois recouverts d’enduits et peints de couleurs vives, les toits sont en tôles.
La ville comprenait des bâtiments résidentiels, des bâtiments publics et des bâtiments miniers. L’ensemble était hiérarchisé : on y retrouvait des maisons de catégories différentes les unes destinées au personnel dirigeant essentiellement nord-américain d’autres pour le personnel d’encadrement et les dernières pour les ouvriers.
Les bâtiments publics étaient nombreux et certains sont encore visibles: l’hôpital construit en 1919 dont le souvenir est très vif dans la mémoire collective des habitants de Sewell, le théâtre édifié en 1937 et dont il ne reste qu’une partie, le club des américains avec une piscine en sous-sol, l’école, l’église construite en 1927, le bowling, dans le bâtiment réservé à l’administration, on aperçoit dans la porte le guichet par lequel les ouvriers recevaient leur paye et le musée de la cuivrerie. La première usine de concentration a fonctionné jusqu’en 2006 et possède encore tous ses moulins.
La ville minière de Sewell fut déclaré monument national et un plan fut établi pour sa conservation : 18 bâtiments ont été restaurés extérieurement et un musée de la cuivrerie a été installé dans l’ancienne école industrielle d’inspiration moderniste. Depuis juillet 2006 elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
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Voir également le site officiel de Sewell
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Rapa Nui se trouve dans le Pacifique Sud, à 3.700 km de la côte chilienne. Elle est souvent désignée sous le nom d’île de Pâques, du fait que le jour où les premiers visiteurs européens y ont mis le pied était le jour de Pâques 1722.
Elle était le siège d’une ancienne civilisation qui y avait laissé, ici et là, des amas d’immenses sculptures en pierre appelées moai. On dénombre plus de 600 moai sur l’île, dont certaines atteignent 10m de hauteur.
La longueur d’un séjour à l’île de Pâques est parfois dictée par les horaires des compagnies aériennes, mais même une visite de deux ou trois jours permet de prendre part à une excursion d’une journée entière couvrant plusieurs des principaux sites archéologiques et offrant un bon aperçu de l’île.
L’île de Pâques connaît un climat semi tropical caractérisé par une température annuelle moyenne de 20,3°C. Les mois les plus chauds sont décembre, janvier et février, tandis que la saison la plus fraîche s’étend de juin à août et requiert parfois le port d’un chandail ou d’une veste légère. Mai s’impose pour sa part comme le mois le plus pluvieux.
Nul ne sait vraiment avec certitude d’où les premiers habitants de l’île de Pâques sont venus, pourquoi ils ont décidé de s’installer ici, quelle a pu être la fréquence de leurs rapports avec les étrangers, ni ce qui les a réellement motivés à sculpter et à ériger leurs grandioses monuments de pierre, les moai. On se sait d’ailleurs pas non plus comment ils sont parvenus à transporter ces énormes blocs de pierre, d’un poids considérable, des sites dont ils ont été extraits à leurs emplacements actuels.
La culture de l’Île de Pâques est d’autant plus étonnante qu’elle s’est développée au sein d’une population restreinte, et qui plus est, dans un des endroits les plus isolés de la planète. L’Océanie en général et l’art océanien en particulier ont su inspirer de nombreux artistes occidentaux durant les deux derniers siècles.
Museo Antropológico Padre Sebastián Englert
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En espagnol

Dans l’histoire de la conquête espagnole en Amérique du Sud, il y a heureusement quelques exemples où le travail des missionnaires s’est fait en bon accord avec les populations locales. L’île de Chiloé conserve un groupe d’églises construites par les prédicateurs itinérants Jésuites de la Compagnie de Jésus au XVII ème siècle. Quand les espagnols et les missionnaires débarquèrent sur l’archipel de Chiloé, ils y trouvèrent des populations locales au caractère doux et réceptif.
Cet environnement inconnu, hostile et éloigné des villes espagnoles du continent sud-américain, poussa les espagnols à s’adapter aux populations locales, à accepter leurs coutumes, techniques et savoirs… Les missionnaires apprirent les langues de l’archipel et commencèrent une évangélisation que l’on pourrait qualifier de “douce”, adaptée aux lieux et aux habitants. D’autres facteurs, liés aux menaces des pirates sillonnant les eaux des environs, incitèrent les espagnols à s’établir de manière dispersée et non pas dans des villes coloniales comme ils en avaient l’habitude. Tout ceci favorisa le brassage culturel entre colons et autochtones. A tel point que les espagnols finalement adoptèrent les techniques locales et même la langue qui prédomina au bout d’un temps sur le castillan espagnol.
La technique d’évangélisation fut itinérante, portant la parole du christ directement dans chaque foyer quand la saison s’y prêtait (le climat est rude dans l’archipel, c’est un des endroits au monde où il pleut le plus). Quand vint le moment de construire des églises, les Jésuites s’en remirent directement aux population locales et à leur savoir architectural, proposant seulement les plans des églises comme base de travail. Aujourd’hui on peut visiter et admirer 14 églises de cette époque et classées depuis 2000 par l’Unesco sur la liste du Patrimoine Mondial : Achao, Quinchao, Castro, Rilán, Nercón, Aldachildo, Ichuac, Detif, Vilipulli, Chonchi, Tenaún, Colo, San Juan et Dalcahue.
Les Franciscains reprirent le travail des Jésuites expulsés de tous les royaumes espagnols en 1767 (pour supposition de complot contre la couronne royale) et, fait rare entre communautés religieuses concurrentes, apprécièrent la valeur du travail réalisé et le poursuivirent !
Alors aujourd’hui à la faveur de quelques trajets de bus, de traversées d’île en île sur des ferries, nous pouvons découvrir ces églises intégralement construites en bois de cyprès et de mélèze. Bien sûr ces églises ont une tour pour avertir et se signaler mais celle ci sert avant tout de balise aux marins (seule l’église de Tenaún en possède deux). Le volume général des églises est simple, plus profondes que larges, reposant sur un socle de pierre supportant d’énormes poutres de bois. Les toits à 45 degrés et tous les murs extérieurs sont recouverts de bardeaux de mélèze, sortes de “tuiles” de bois donnant un aspect singulier à ces architectures.
L’ornementation est plus riche à l’intérieur, tout le mobilier et les parements démontrent la maîtrise du travail ébeniste des autochtones et de nombreuses peintures font honneur à l’école locale d’imagerie pieuse. Enfin, à cause des conditions climatiques extrêmes sur l’archipel de Chiloé, le placement des églises fut étudié avec soin, ne reposant pas directement sur le sol, abritées des vents ou des pluies trop violentes. De plus toutes les églises furent pensées comme des structures étanches, renforçant ainsi leur protection.
C’est sûrement grâce à ce soin apporté (malgré certaines reconstructions, car si l’eau n’endommage pas ces bâtiments, le feu, lui, les dévore) que 14 de ces églises construites au XVII, XVIII et XIX èmes siècle sont parvenues jusqu’à nous. Aujourd’hui la conservation incombe à l’administration diocésaine de la ville d’Ancud, et chaque église a son propre comité local responsable de son entretien. Celles que nous avons pu visiter sont dans un état irréprochable. Le tourisme augmente chaque année dans la région et un plan est à l’étude pour que cet afflux bénéficie aux églises et aux populations locales sans risquer toutefois quoique ce soit pour ces édifices religieux uniques. Des zones tampons seront définies pour préserver l’environnement direct des églises et des règles de contrôle des interventions dans les monuments seront mises en place. De cette façon les églises de l’archipel de Chiloé pourront traverser les siècles à venir sereinement et continueront à montrer comment la conquête espagnole a pu se faire, ici du moins, en bonne intelligence.
Source : Les Cousins migrateurs
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Idées de Voyage :

Le Chili devint indépendant au début du XIXe siècle. Peu de temps après, Valparaiso devint la ville portuaire principale de la côte pacifique (étape majeure sur les routes commerciales maritimes joignant les océans Pacifique et Atlantique) et attira de nombreux immigrants d’Europe (anglais, français et allemands principalement) et des Etats-Unis. La ville devint rapidement l’un des points névralgiques du commerce international. La deuxième moitié du XIXe siècle vit l’apogée de cette ville cosmopolite et son explosion démographique, financière et diplomatique. L’ouverture du canal de Panama, en 1914, mit un terme à l’importance stratégique commerciale de Valparaiso puisqu’il n’était alors plus nécessaire de contourner l’Amérique du Sud par le Cap Horn pour passer d’un océan à l’autre.
Il existe peu de villes au monde qui ont aussi bien conservé des traces évidentes de cette époque charnière pour l’évolution des peuples, l’ère industrielle. La place Sotomayor, le ponton Prat, l’Eglise de la Matriz ou encore le quartier des deux collines Cerro Concepcion et Cerro Alegre sont des exemples de lieux conservés et entretenus pour leur apparition progressive et marquante dans l’histoire du développement de la ville.
Valparaiso, nous aura séduits par l’originalité de ses caractéristiques géographiques, à cheval entre sa côte océane (où l’on constate l’ampleur de ses installations portuaires) et de l’autre côté les innombrables collines (”cerros”) sur lesquelles la ville s’étend à perte de vue. Une quantité de quartiers sont perchés sur ces collines ; pour y accéder sans fatigue, une quinzaine de funiculaires sont encore aujourd’hui en fonctionnement. Ils furent installés entre 1883 et 1916 et constituent l’une des curiosités de la ville.
Le charme de certaines ruelles et des quartiers aux maisons colorées est indiscutable, il s’agit d’une ville aux allures si inhabituelles, où de petits quartiers isolés et dressés sur chaque colline surplombent le tumulte de ce grand port industriel et commercial qui marque l’un des tournants majeurs de notre civilisation, l’ère industrielle : c’était il y a à peine plus d’un siècle.
Idées de Voyage :
Bons baisers de Valparaiso & Viña del Mar
Neruda à l’île Noire, Vin et Valparaiso
Chili Terre de Poètes

Une des particularités de Valparaiso est sans nul doute ses « ascensores » qui grimpent dans les collines. Ce sont plutôt des funiculaires, wagonnets en tôles ou en bois peints qui tirés par des câbles d’acier, escaladent des pentes très raides.
Vingt-cinq ascenseurs ont été construits entre 1883 et 1915. Il en reste actuellement une quinzaine dont dix, inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, fonctionnent encore. Ils appartenaient autrefois à des compagnies privées qui les cèdent ou les ont pour la plupart cédés à la ville.
Ils portent le plus souvent le nom de leur colline : Artilleria, construit en 1893, El Peral, construit en 1902, Concepción, le premier parmi tous, construit en 1883, Barón, qui domine le port, dont les machineries sont impressionnantes, construit en 1906 et récemment rénové, Lecheros, construit en 1902, Polanco, construit en 1915, le plus pittoresque, déclaré monument historique en 1979, d’ascension verticale et que l’on prend après parcourir un tunnel de 150mts de long sous les maisons du cerro (colline) du même nom. Sa tour, qui mesure 60mts de haut est couronnée par un beau mirador de la baie.
On y accède pour quelques pesos par d’antiques tourniquets en fonte.
Les collines
Il y a environ 44 cerros (collines, le nombre varie selon la version) aux noms souvent évocateurs: Cerro Toro, Los Placeres, (des plaisirs), Playa Ancha, Alegría, (la joie), Bellavista, Espíritu Santo, Concepción, Carcel, Panteón, Cordillera, Villaseca, Artillería, San Agustín, El Peral, Reina Victoria, Florida, Mariposa, Miraflores, La Cruz, Las Monjas, Merced, Barón, Lecheros, Larraín, Polanco…
Idées de Voyage :
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Chili Terre de Poètes

Les usines de Humberstone et Santa Laura représentent plus de 200 anciens sites d’extraction du salpêtre, où des ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, vécurent dans des cités minières et forgèrent une culture pampina commune. Cette culture se manifeste dans la richesse de la langue, la créativité et les liens de solidarité, et surtout dans les luttes pionnières menées par les pampinos pour la justice sociale, luttes dont l’impact fut profond sur l’histoire sociale. Installés dans la Pampa désertique et reculée, l’un des déserts les plus arides du globe, des milliers de pampinos ont vécu et travaillé, à partir de 1880 et pendant plus de soixante ans, dans un environnement hostile pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que celui de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. A cause de la vulnérabilité des structures et de l’impact d’un tremblement de terre récent, le site a également été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin de faciliter la mobilisation de ressources en faveur de sa conservation.
Celui qui arrive à Santa Laura sans avoir pris de renseignements pourrait tout à fait se justifier d’un air circonspect. Un plateau à 1000 mètres d’altitude, du sable et de la roche, aucune trace de vie, et là, comme un vaisseau fantôme abandonné, les vestiges d’un centre industriel centenaire, rongé par la rouille, érodé par les vents et qui malgré son allure imposante semble bien fragile et à la merci des éléments et du temps.
Livres:
Les Fleurs Noires de Santa Maria (Hernán Rivera Letelier, Ed. Metailie)
Chili, sur les traces des mineurs de nitrate
Atacama : Un essai sur la guerre du pacifique (1879-1883)

Iquique (220.000 habitants) conserve un centre historique classé avec des beaux exemples de l’architecture du début 1900 qui révèlent l’ampleur des fastes de la bourgeoisie du salpêtre à l’époque de l’essor de « l’or blanc » (nitrate). Divers styles se côtoient en témoignage des nombreuses origines européennes des immigrants : des demeures de style Géorgien, le mauresque du Centro Español, le néo classique de la cathédrale et du Teatro Municipal ainsi que le classique de l’édifice des Douanes. La Tour de l’Horloge au centre de la Plaza Arturo Prat et les édifices de la Gare et l’Administration du Chemin de Fer sont également des joyaux à voir.
Son agréable climat, ses plages, et son choix d’excellents hôtels, font d’Iquique un des points de départ préférés pour de nombreuses excursions aux alentours : le Parque Nacional Lauca la Reserva Nacional de Tamarugal, le Parque Nacional Volcán Isluga, le Lac Chungará, les anciennes Usines de salpêtre de Humberstone et Santa Laura (les plus importantes « villes fantômes » du désert), les Géoglyphes de Pntados (Xe siècle), ceux d’Unita (XIe siècle), et la très populaire fête religieuse de la Tirana.
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